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Histoire

L'histoire de Dambach-la-Ville a toujours été liée à la vigne et au vin

qui sont l'activité principale de la cité.


gravure de Matthias MerianLes origines

Du 1er siècle av. J.-C. au 2ème siècle de notre ère : une zone artisanale dans la plaine à l'est de Dambach ! Dans le passé, une partie de la commune de Dambach-la-Ville était occupée par un très grand centre de production de céramiques et de tuiles qui s’étendait sur plusieurs dizaines d’hectares.

A l'emplacement de Dambach se trouvait un domaine dès l'époque gallo-romaine. Ceci est indiqué par la finale en -acum (Tambacum).
Tambacum est donné à l'église de Strasbourg vers 1029. L'évêque de Strasbourg décide de faire de ce lieu une place-forte, base d'attaque de la seigneurie de Bernstein, sa rivale. Dès le milieu du XIIe siècle, il regroupe, derrière des remparts construits à cette occasion, les habitants des villages environnants : c'est l'enchâtellement.


Dambach, gravure de Matthias Merian, 1644



L'évêque parvient effectivement à conquérir le château de Bernstein en 1227. Les remparts ont été agrandis progressivement et leur plan actuel date de 1323. La date de pose de la première pierre figure sur l'arc en grès de la tour-donjon à l'est : la porte d'Ebersheim.

 

 Les Remparts nord-est
Les Remparts nord-est
 
Porte d’Ebersheim



Organisation de la ville médiévale

Blason 1461   
Les armes de la Ville représentent un ours et un sapin.
Blason 1461
 
Château du Bernstein  
L'ours car sur notre montagne se situe le château du Bernstein, "la pierre de l'Ours".
Château du Bernstein
 

 La ville est divisée en 6 quartiers commandé chacun par un Burgermeister (maire). Le conseil de la ville obéit au représentant de l'évêque.

Dans les anciens règlements de la ville de 1364 et 1562, une grande part est faite à l'organisation des métiers de la vigne et du vin, et surtout de la vente du vin qui était - et reste - la base de l'économie locale.


Les tonneliers formaient une corporation importante. En plus de fabriquer les tonneaux, ils assistaient les vignerons lors de la vinification. Lorsqu'un acheteur de vin arrivait de l'extérieur avec son attelage, le tonnelier de service sonnait la cloche pour que les vignerons rentrent des vignes. Les courtiers accompagnaient les acheteurs dans les caves.


Les remparts de Dambach ont servi assez souvent.
Les occasions les plus connues sont : 

  • l'attaque des "Armagnacs" en 1444, pendant laquelle le dauphin Louis XI, a été blessé. Il a lavé sa blessure à une source dans les vignes. L'évêque de Strasbourg lui a offert 2 beaux chevaux harnachés pour sauver sa ville.
  • A la fin du même siècle, en 1493, les paysans se révoltent. Les habitants de Dambach sont très actifs lors de la révolte du Bundschuh. Puis une deuxième vague de soulèvements et de revendications  a lieu en 1525, la guerre des Paysans : Bauernkrieg.
  • la guerre de 30 ans de 1618 à 1648 : Dambach a été assiégée et occupée par les troupes suédoises, puis françaises. La ville devait payer chaque semaine une contribution en vin. A la fin de la guerre, tout le cadastre viticole a dû être refait.
  • Ensuite Dambach est devenue française sous le règne de Louis XIV.
    Pendant la Révolution de 1789, une trentaine d'habitants, n'acceptant pas que les biens de l'Église soient vendus, se cotisèrent pour racheter la Chapelle Saint- Sébastien, fondant la "Confrérie Saint-Sébastien".
Chapelle Saint-Sébastien

L'époque moderne
Le XIXe se caractérise par l’augmentation de la population et par les bouleversements techniques.
Une autre période difficile fut celle de la fin du XIXe siècle et le début du XXe où surgit la  maladie du phylloxera qui fut une véritable catastrophe pour les vignerons. Toutes les vignes durent être arrachées et remplacées par des plans greffés.
Dambach-la-Ville est actuellement une cité viticole très importante et dynamique avec une cinquantaine de vignerons indépendants, 4 négociants et une coopérative.
 

 Chapelle Saint-Sébastien  



 
Tambacum : Un domaine gallo-romain à l'emplacement de l'actuel Dambach
Le nom en –acum semble indiquer une origine gallo-romaine de Dambach. Ce domaine a continué d’exister pendant les périodes mérovingiennes et carolingiennes. Tambacum apparaît dans les textes en 1029-1047 lorsqu'il est donné à l'évêque de Strasbourg. Ce n'était qu'un domaine agricole, sans paroisse.

Les paroisses d'Altenwiller et d'Oberkirch

Le peuplement s'est fait autour de deux églises. La plus ancienne paroisse est Altenwiller, (Altonisvillare en 1131) à l'est, avec l'église Saint Jean-Baptiste : cette dédicace indique une église très ancienne avec baptistère et un peuplement très ancien. L'église appartenait à l'Abbaye de Hohenbourg (Mont Sainte Odile) et possédait deux autels dédiés à la Sainte Vierge et à Saint Jean l'Evangéliste.

 

Vestige de l’église Saint-Jean d’Altenwiller   
 Vestige de l’église Saint-Jean d’Altenwiller.  
Eglise Saint-Jean : détail de pierres romanes  
Eglise Saint-Jean : détail de pierres romanes  


Ensuite Oberkirch sur un coteau au nord-ouest, avec l'église paroissiale appartenant à l'Evêque de Strasbourg comportant trois autels : Saint Nicolas, Sainte Marguerite, Saint Iodoque. Puis cette église sera dédiée à Saint Sébastien.

D'autres noms de lieux-dits indiquent la présence d'habitations : Steinhausen au nord, avec la chapelle de la Sainte Vierge ; Ruprechtshausen dans la plaine vers l'est.
 

Création de Dambach

 
Tour romane de la chapelle Saint-Sébatien 

L'évêque de Strasbourg a fondé une chapelle à Dambach, Saint Nicolas, mentionnée en 1178. Mais ce n'était pas une église paroissiale. Puis l'évêque Berthold von Teck, propriétaire de ces terres, a regroupé les populations sur les lieux de Dambach. Il les a abritées dans une enceinte circulaire. Le but de ce regroupement était de constituer une place forte pour conquérir le château du Bernstein qui appartenait alors aux comtes d'Eguisheim- Dabo, rivaux de l'évêque. L'évêque a effectivement atteint son but en 1227 après un siège d'un mois ! Ainsi le Bernstein est devenu une place-forte épiscopale. Les comtes d'Alsace sont défaits et leur lignée  s'éteint. 

Tour romane de la chapelle Saint-Sébatien  




Pendant tout ce temps, les habitants de Dambach continuaient à aller à la messe dans leurs églises d'origine, tout en se plaignant déjà en 1285 de ces longues distances à parcourir par tous les temps ! Ce sont les plus anciennes nouvelles que nous avons de nos ancêtres ! A cette date l'évêque leur permet d'agrandir la chapelle de Dambach et d'y installer deux autels, dont l'un dédié à Saint Etienne et l'autre à Saint Nicolas. Les prêtres d’Oberkirch et d’Altenwiller se relayaient pour assurer le culte à Dambach. Ceci montre bien que, dès avant 1285, l'enchâtellement des habitants des environs à l'intérieur des remparts de Dambach était bien réalisé par l'évêque et que les habitants d'Altenwiller et Oberkirch avaient effectivement déménagé à Dambach.
L'église de Dambach n'est devenue église paroissiale que plusieurs siècles plus tard, en 1489 ! Les habitants ont tout de même gardé l'habitude de se rendre dans les deux églises d'origine : en 1651 encore, les enfants de Dambach ont été confirmés à Saint Jean à Altenwiller.
 
Château du Bernstein

 château du Bernstein  
 Château du Bernstein  
Meurtrière donnant sur une forêt de mélèzes  
Meurtrière donnant sur une forêt de mélèzes  
Vue sur le village du haut de la tour  
Vue sur le village du haut de la tour  



Dambach est attaquée !

La source au lieu-dit Gassel, où le futur roi Louis XI aurait lavé sa blessure 

 En octobre 1444, le futur roi Louis XI et ses troupes, les "Armagnacs" dits Gecken ou Schindler assiègent Dambach pendant trois jours. Le dauphin est blessé au genou vers l'angle sud-est du rempart et sa blessure est lavée avec l'eau d'une source dans les vignes. Le bailli de l'Evêque, Conrad de Bussnang, offre au Dauphin deux beaux chevaux harnachés de selles de cuir fin incrusté d'or pour qu'il épargne la ville de Dambach. Les troupes resteront ici jusqu'en mars 1445.

 La source au lieu-dit Gassel, où le futur roi Louis XI aurait lavé sa blessure  


 
Les paysans se révoltent

A la fin du même siècle, en 1493, les habitants de Dambach sont très actifs lors de la révolte du Bundschuh, du "soulier à lacets" symbolisant le paysan par rapport au seigneur chaussé de bottes.

Ces révoltes s'expliquent par les années très difficiles vécues par les paysans : mauvaises récoltes successives, impôts trop lourds, abus des seigneurs et des églises, adhésion aux théories égalitaires répandues par des prédicateurs. Les habitants de Dambach devaient payer des redevances à de nombreux seigneurs, églises et abbayes qui possédaient des biens, vignes et champs, dans le ban de la ville. Ils ont été sensibles aux arguments des prédicateurs disant que tous les chrétiens devaient être égaux et que l'Eglise ne devait pas posséder de richesses. Ils avaient des raisons de s'impliquer dans les révoltes.

Nous connaissons les noms de plusieurs conspirateurs de notre ville qui se réunissaient de nuit sur l'Ungersberg (montagne au nord-ouest de Dambach) avec des délégués des villages environnants pour préparer les actions : Peter Heide, Blumenhans, Gerber Diebold, Metziger Claus, Schmid Witt, Boltz Hans, Kuffer Werlin, Jacob Renner, Kunlin Veltin.


Puis une deuxième vague de soulèvements et de revendications  a lieu en 1525, la guerre des Paysans : Bauernkrieg. Les habitants de Dambach ont participé à la prise du château de l'évêque à Epfig, de la ville de Rhinau, de l'abbaye d'Ebersmunster et du couvent de Honcourt à Villé. Lorsque la répression arrive, une vingtaine d'habitants de Dambach, dont trois Guntram, trouvent la mort à la bataille de Scherwiller où les paysans se font écraser et massacrer par le Duc Antoine de Lorraine.


Peut-être les ossements des morts de cette bataille ont-ils été déposés à l'ossuaire de l'église St Sébastien ?
Ossuaire de la Chapelle St Sébastien
Ossuaire de la Chapelle St Sébastien.
 
Dambach assiégée et occupée par les Suédois, puis les Français.

La brève ouverte en 1640 par le duc de Lorraine n’est pas encore réparé en 1643Nouvelle alerte en 1618 où Dambach fait à nouveau établir la liste des hommes en armes prêts à protéger la ville. Les armées de tous bords se succèdent : troupes protestantes dirigées par Mansfeld, troupes impériales, catholiques, suédoises, etc. Ces dernières ont beaucoup marqué nos ancêtres. Les Suédois ont occupé la ville dès 1632. Ils se sont contentés d'encaisser les redevances en vin ou en espèces à la place de l'évêque.


En 1634 arrivent les troupes françaises qui disputent les places fortes alsaciennes aux troupes de l'empereur d'Allemagne. C'est le début de la conquête de l'Alsace par la France.

 

La brève ouverte en 1640 par le duc de Lorraine n’est pas encore réparé en 1643.


L'occupation française a été beaucoup plus dure encore que la suédoise pour les habitants. Le comte de Hocquincourt qui  occupait Dambach exigeait chaque semaine la grosse somme de 100 Gulden et la fourniture d'un litre de vin par soldat et par jour. Les années les plus noires furent 1635 et 1636 où il n'y eut presque pas de récoltes. De nombreux habitants moururent de maladies, d'épidémies et de famine. Les troupes errantes pillaient ce qui restait à piller.


 Enfin, en août 1640, Dambach a été assiégée par le Duc de Lorraine. Celui-ci a réussi à faire une brèche dans le mur d'enceinte, puis a dû reculer devant la défense énergique des habitants. On remarque la brèche dans le rempart, partie nord-est.  Malgré la brèche, cette attaque a été repoussée par les dambachois.

Les impôts à payer chaque semaine augmentent encore. En 1648, la ville met son argenterie en gage pour payer. Pourtant à la fin de cette Guerre de 30 ans, Dambach, comparée à d'autres agglomérations, est encore assez peuplée : 1309 habitants en 1664.


Le même XVIIe siècle est aussi celui des procès de sorcellerie (Hexenprozesse). A Dambach aussi, des femmes ont été accusées d'être des sorcières, de tenir des sabbats au Breitstein et sur d'autres collines. Certaines furent torturées jusqu'aux aveux et brûlées sur des bûchers place du Marché.
 
Dambach devient française

Carte de Cassini du XVIIIe siècle

La  conséquence de ces années de guerre est que peu à peu les rois de France prennent le pouvoir en Alsace. Dans les documents du début du XVIIIe siècle apparaissent des noms de fonctionnaires français : intendants, etc.

La ville doit déposer des comptes chaque année à l'administration royale, et non plus à l'évêque. Au livre de comptes écrit maintenant en Français sont jointes les factures des artisans rédigées comme d'habitude en allemand. Car les habitants de Dambach parlaient bien sûr en alsacien et écrivaient en allemand. Mais en 1722, l'intendant d'Alsace exige que dorénavant le tout soit rédigé en français. Ceci montre que la conquête d'un pays se fait aussi par la langue !


L'administration royale a cartographié la France selon les nouvelles techniques de la géométrie. Voici Dambach et ses environs, avec les rivières, routes et édifices religieux, "Levée par ordre du Roy par Messrs Maraldi et Cassini de Thury, de l'Académie royale" pour Louis XV en 1744. Les principales routes de communication allaient vers Sélestat, le Val de Villé et Benfeld. 

 Carte de Cassini du XVIIIe siècle  

 Eglise bâtie en 1754 et incendiée par la foudre en 1862 Plus précis, un document de 1779 dresse un état des lieux de la ville et surtout de ses remparts pour estimer son intérêt pour la défense française. Il ne sera pas jugé utile de moderniser les fortifications de Dambach.
L'église romane figurant sur la gravure de Merian a été remplacée en 1754 par une nouvelle église plus grande. 
 Eglise bâtie en 1754 et incendiée par la foudre en 1862  



 
Surprise ! une révolution !

Dambach en 17891789 : c'est la routine… Les représentants du roi de France administrent l'Alsace et lèvent l'impôt, les institutions religieuses et les hôpitaux touchent les dîmes et fermages.


Le 2 avril 1789, l'abbaye d'Etival obtient l'autorisation d'ouvrir un passage dans le rempart pour accéder plus rapidement de sa propriété, connue actuellement sous Stimmehoft, à ses vignes situées juste à l'extérieur du mur, vers l'ouest. A cette demande est joint un plan pour  mieux faire comprendre sa requête. Les moines pensaient que les choses allaient rester ainsi pendant des siècles…



 

Dambach en 1789

 

Chapelle Saint-Sébastien


Et voilà que le 14 juillet 1789 éclate la Révolution à Paris, bien vite répandue en province, même en Alsace qui vient tout juste d'être conquise partiellement par les rois de France.


Certaines personnes étaient au courant des nouvelles idées, de la remise en cause de l'ordre social et de l'Eglise. Un vigneron de Dambach qui a vécu cette époque agitée cite par exemple "Volter"  Voltaire dans sa chronique.Certains ont participé avec enthousiasme, d'autres n'ont pas accepté, surtout à partir de la Terreur.

La chapelle St Sébastien

 

Au plus fort de la Révolution Française, le 15 mars 1791, le curé François Mathias Zaepffel, réfractaire, doit renoncer à dire la messe. Officieusement, il le fait toujours à la chapelle Saint-Sébastien qui devient le lieu de rassemblement des adversaires de l’administration révolutionnaire en place. Le prêtre qui a remplacé Zaepffel à la tête de la paroisse tente de rapatrier tous les objets de culte à l’église paroissiale pour l’empêcher d’assurer le service religieux à la chapelle.


La chapelle est confisquée et déclarée bien national par le siège de district à Benfeld. En 1796 a lieu la vente aux enchères à Barr. Le lot composé de la chapelle Saint-Sébastien, 4 vignes, le Badhus- maison des bains - et la Liebfrauenkirche, chapelle Notre-Dame, est acquis par un groupe de Républicains, dont Xavier Lambla de Scherwiller, pour la somme de 1365 livres (432 livres pour la seule chapelle Saint-Sébastien). Une semaine après, le 7 frimaire de l’an V de la République (28 novembre 1796), ils remettent le tout en vente lors d’une enchère publique. Trente-deux citoyens Dambachois, appuyés par la nouvelle municipalité et le curé Zaepffel, s’associent pour le rachat de ces biens.


Ces personnes se sont constituées en confrérie, on les appelle Sambaschemanner, les confrères de Saint Sébastien. Le rôle de la confrérie est de veiller à l’entretien et à la mise en valeur de la chapelle.


Depuis la création de la confrérie, les descendants des 32 membres originels se réunissent chaque année à la Saint-Sébastien. Ils choisissent parmi eux celui qui sera Schaffner, échevin, l'année suivante, et qui est Unterschaffner  l'année en cours. L'Unterschaffner a un an pour se mettre au courant des affaires en aidant le Schaffner dans sa tâche. C'est une ancienne organisation très démocratique, car chaque confrère a accès au poste de Schaffner au cours de sa vie... Pour clôturer son année d'exercice, le Schaffner offre un repas à tous ses confrères au début du mois de janvier.

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